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Appel pour une fondation européenne sur la prévention des risques environnementaux et sanitaires

Colloque scientifique

Vers une Fondation européenne de prévention des crises environnementales et sanitaires

Académie des Sciences, 8 juin 2022

Programme détaillé et intervenants en discussion

Cet événement n’est pas organisé par le Gouvernement français. Il est cependant autorisé par celui ci à utiliser l’emblème de la présidence française du Conseil de l’Union européenne

Nous affrontons la crise sans l’avoir préparée. D’autres menacent : pandémies, panzooties, catastrophes du changement climatique, évènements géologiques à impact global…

Nous devons nous préparer avec toute la planète au prochain désastre, mais en préservant la base commune à l’Europe, solidarité sociale, démocratie politique et souci du bien commun, dont ses citoyennes et citoyens sont fiers.

La réponse, nécessaire, des gouvernements, ne suffit pas. La société civile doit y tenir sa part, de la mobilisation citoyenne à l’implication des plus fortunés. Une fondation européenne, financée par eux, induirait une capacité de réaction plus rapide aux défis inattendus. Un appel à créer une telle fondation a été lancé par 77 scientifiques d’Europe en juin 2020. Une réunion se tiendra le 8 juin 2022 sous Présidence française de l’Union européenne pour promouvoir ce projet.

77 scientifiques de 16 pays lancent un appel pour une fondation philanthropique

Juin 2020


Les pays des signataires

La pandémie actuelle de SARS-CoV-2 a confronté le monde entier à une crise sanitaire sans précédent. La rapidité de sa diffusion sur toute la planète, conséquence inévitable des innombrables déplacements individuels dans une économie mondialisée, tranche avec la difficulté pour les états de coordonner la gestion d’une telle crise. Pire même, elle a accentué les divergences de stratégies pour y répondre quand elle n’a pas exacerbé les rivalités géopolitiques préexistantes.

Cette pandémie a surgi alors que, depuis plusieurs années, une autre crise de grande ampleur nous est annoncée, celle due au réchauffement climatique. Cette dernière modifiera en profondeur l’habitabilité de beaucoup de zones submersibles, les modalités de production agricole donc de nutrition humaine et, sans doute, la dynamique de propagation des maladies infectieuses, autant de situations d’urgence humanitaire et de déplacements de populations qu'il est difficile d'anticiper.

A l’heure où la Chine et les États-Unis s’affrontent en tentant d’imposer leurs doctrines politiques et sociales respectives, nous devons préserver le socle de solidarité sociale, de démocratie politique et le souci du bien public qui prévalent en Europe, pour le plus grand bénéfice de tous ses citoyens. Or, par temps de crise, les inégalités sociales s’aggravent, les plus démunis étant toujours les plus touchés. Pour affronter ces défis, chacun attend d’abord des États Européens qu’ils assument leurs responsabilités mais l’Union Européenne doit aussi se doter d’une capacité renforcée de gestion de crise, pour affronter convenablement les périodes chaotiques à traverser avant de retrouver une situation plus sereine. Elle doit intervenir auprès des populations et dans les régions les plus durement frappées par les crises sanitaires ou environnementales pour qu’elles puissent bénéficier d’un puissant effort de solidarité.

L’expérience de la pandémie actuelle nous rappelle pourtant que ces décisions institutionnelles, lestées d’une administration complexe, ont un temps de réponse peu adapté à l’urgence en temps de crise. Il est nécessaire qu’une mobilisation issue de la société civile ait également lieu. A ce titre, l’initiative de personnes privées disposant de grandes fortunes permettrait de répondre beaucoup plus rapidement à des défis imprévus, en complément des mesures adoptées par les États Européens et l’Union Européenne.

Aux Etats-Unis, on ne compte plus les initiatives de milliardaires américains pour contribuer à la lutte contre la pandémie. Elles s’inscrivent dans une longue tradition philanthropique qui représente 1,95% du PIB américain. Force est de constater que cette tradition est beaucoup moins forte en Europe, où les dons ne correspondent qu’à 0,65% du PIB, malgré un certain soutien dans les domaines artistique ou scientifique. Mais il faut bien dire que les initiatives des grandes fortunes européennes dans la lutte contre le SARS-Cov-2 sont restées, au mieux, très discrètes à ce jour.

Nous appelons ces grandes fortunes à une mobilisation de citoyenneté européenne pour créer ensemble une « Fondation Européenne de Prévention des Risques Environnementaux et Sanitaires ». Elle pourrait être dotée d’un capital de 20 milliards d’euros, apporté par des mécènes de chacun des 27 pays de l’Union Européenne. Il suffirait qu’une centaine d’entre eux contribuent en moyenne 200 millions d’euros pour y parvenir. Cela ne représente pas un effort excessif quand on le compare à ce qu’ont fait Warren Buffet et Bill Gates qui, à eux deux, ont doté la Fondation Bill et Melinda Gates à hauteur de 50 milliards d’euros, soit plus de deux fois ce que nous proposons. Ce capital, en partie consomptible, pourrait être mobilisé en période de crise aigüe avec une réactivité incomparable sur simple décision de son conseil des mécènes pour intervenir dans les territoires de l’Union Européenne les plus durement frappés, et ailleurs dans le monde si nécessaire. Hors crise aigüe, le revenu annuel de la Fondation, de l’ordre de 500 millions d’euros, permettrait de soutenir, sur les avis d'un conseil scientifique indépendant, les efforts de recherche académiques sur les questions environnementales et sanitaires, et d’accompagner de petites entreprises socialement et techniquement innovantes sur des créneaux stratégiques, autant d’enjeux de prévention des crises à venir.

Fédérer les efforts de mécènes européens au sein d’une même fondation, c’est se donner les moyens d’une action de grande ampleur, à la hauteur de ce que l’Europe représente dans l’Histoire, pour relever les défis environnementaux et sanitaires à venir. L’engagement européen des plus fortunés montrerait que chacun sait accompagner notre destin commun à la vraie mesure de ses moyens, un gage de solidarité et de dynamisme social, dont nous sortirons tous renforcés.

Les scientifiques signataires

Adriano AGUZZI (Pathologie, université de Zurich, Suisse)
Rudolf AMANN (Microbiologie environnementale, institut Max Planck de microbiologie marine de Brême, Académie nationale des Sciences Leopoldina, Allemagne)
Martin ANDLER (Mathematics, université de Versailles-Saint-Quentin, France)
Eva-Mari ARO (Biologie des plantes, université de Turku, Académie finlandaise des sciences et des lettres, Finlande)
Frédéric BARRAS (Microbiologie, institut Pasteur Paris, France)
Françoise BARRÉ-SINOUSSI (Virologie, institut Pasteur Paris, Inserm, Académie des sciences, Prix Nobel, France)
Roberto BASSI (Bioénergie, université de Verone, Académie nationale dei Lincei, Italie)
Mónica BETTENCOURT-DIAS (Biologie cellulaire, institut Gulbenkian des sciences, université de Lisbonne, Portugal)
Christoph BINDER (Médecine vasculaire, université médicale de Vienne, Autriche)
Ralph BOCK (Biologie des plantes, institut Max Planck, Potsdam, Académie nationale des sciences Leopoldina, Allemagne)
Ulla BONAS (Biologie, université de Halle, Vice-Président, Académie nationale des sciences Leopoldina, Allemagne)
Paola BONFANTE (Biologie des plantes, université de Turin, Académie nationale dei Lincei, Italie)
Donato BOSCIA (Virologie, institut pour la protection durable des plantes, Bari, Italie)
Marcella BONCHIO (Chimie organique, Université de Padoue, Italie)
Josep CASADESÙS (Microbiologie, université de Séville, Espagne)
Luigi CASELLA (Chimie, université de Pavie, Italie)
Daniel COHEN (Sciences économiques, École normale supérieure Paris, France)
Pascale COSSART (Microbiologie, institut Pasteur Paris, Académie des sciences, France)
Roberto DANOVARO (Ecologie marine, université d’Ancone, Italie)
Mathias DEWATRIPONT (Sciences économiques, institut I3H, université libre de Bruxelles, Belgique)
Stefanie DIMMELER (Cardiologie moléculaire, université de Francfort, Académie nationale des sciences Leopoldina Allemagne)
Carlo DOGLIONI (Géologie, université de Rome, Académie nationale dei Lincei et Académie des XL, Italie)
Jozef DULAK (Biotechnologie médicale, université Jagellone de Cracovie, Académie polonaise des arts et des sciences, Pologne)
Gérard EBERL (Immunologie, institut Pasteur Paris, France)
Alain FISCHER (Immunologie, Collège de France, Paris, Académie de médecine, Académie des sciences, France )
Marc FONTECAVE (Chimie, Collège de France, Paris, Académie des sciences, France)
Guido FORNI (Immunologie, université de Turin, Académie nationale dei Lincei, Italie)
Francisco GARCIA-DEL PORTILLO (Microbiologie, Centre national pour la biotechnologie (CNB-CSIC), Madrid, Espagne)
Piero GENOVESI (Ecologie, institut pour la protection et la recherche environnementales, directeur de IUCN SSC, groupe des espèces invasives, Rome, Italie)
Rafael GIRALDO (Biotechnologie, Centre national pour la biotechnologie (CNB-CSIC), Madrid, Espagne)
Michel GOLDMAN (Immunologie, Institute I3H, Université libre de Bruxelles, Belgique)
Michael GRÄTZEL (Chimie, école polytechnique fédérale de Lausanne, Académie suisse des sciences techniques, Suisse, Académie nationale des sciences Leopoldina, Allemagne)
Göran HANSSON (Immunologie vasculaire, Institute Karolinska, Stockholm, fondation Nobel, Académie royale des sciences, Suède)
Gerald HAUG (Climatologie, institut Max Planck de Chimie, Mayence, Académie nationale des sciences Leopoldina, Allemagne)
Reinhard HÜTTL (Géoécologie, Centre allemand de recherche en géosciences, Potsdam, Allemagne)
Daniela JACOB (Changement climatique, Centre de service climatique d’Allemagne, Centre Helmholtz de Geesthacht, Allemagne)
Sirpa JALKANEN (Immunologie, institut de biomédecine, université de Turku, Académie finlandaise des sciences et des lettres, Finlande).Stefan JANSSON (Biologie des plantes, université Umea, Académie suédoise d’ingéniérie, Académie royale des sciences, Suède)
Antonio JUAREZ (Microbiologie, université de Barcelone et institut de bioingéniérie de Catalogne, Espagne)
Olle KÄMPE (Endocrinologie, institut Karolinska, Stockholm, Académie royale des sciences, Suède)
Eric KARSENTI (Biologie marine, Laboratoire européen de biologie moléculaire, directeur scientifique de l’expédition Tara-Ocean, CNRS, Académie des Sciences, France)
Sylvia KNAPP (Biologie infectieuse, université médicale de Vienne, Autriche)
Markku KULMALA (Sciences de l’atmosphère, université de Helsinki, Académie finlandaise des science et des lettres, Finlande)
Marc LECUIT (Microbiologie, Maladies infectieuses et médecine tropicale, institut Pasteur Paris, Hôpital Necker, université de Paris, France)
Thomas LENGAUER (Biologie computationnelle, Directeur, institut Max Planck d’informatique, Saarbrücken, membre du concseil de l’Académie nationale des sciences Leopoldina, Allemagne)
Roland LILL (Biochimie, université de Marburg, Académie nationale des sciences Leopoldina, Allemagne)
Ewa ŁOJKOWSKA (Biologie des plantes, université de Gdańsk, Pologne)
Julius LUKEŠ (Parasitologie, Institut de parasitologie, České Budějovice, Académie des sciences, République Tchèque)
Jochem MAROTZKE (Océanographie physique, institut Max Planck de météorologie, Hambourg, Académie nationale des sciences Leopoldina, Allemagne)
Jos van der MEER (Médecine interne et maladies infectieuses, université Radboud, Nimègue, Académie des sciences, Pays-Bas)
Andres METSPALU (Génétique, université de Tartu, Académie des science, Estonie)
Franco MIGLIETTA (Changement global, Institut de bioéconomie, Florence, Italie)
José MOURA (Chimie, université NOVA, Lisbonne, Portugal)
Pierre NETTER (Génétique, Sorbonne Université, Paris, France)
Staffan NORMARK (Microbiologie et maladies infectieuses, institut Karolinska, Stockholm, Académie royale des sciences, Suède)
Gunnar ÖQUIST (Physiologie des plantes, Université Umeå, ancien secrétaire général du Conseil suédois de la recherche en sciences de la nature, Académie royale des sciences, Suède)
Jan POTEMPA (Microbiologie, Ecole d’odontologie de l’université de Louisville, Etats-Unis, université Jagellone de Cracovie, Pologne)
Maurizio PRATO (Chimie organique et des matériaux, université de Trieste, Académie nationale dei Lincei, Italie, CIC biomaGUNE, Espagne)
Pere PUIGDOMENECH (Génomique animale et végétale, Centre CSIC pour la recherche en génomique agricole, Académie royale des sciences et des arts de Barcelone, Espagne)
Krzysztde PYRC (Virologie, centre Malopolska de biotechnologie, université Jagellone de Cracovie, Pologne)
Lluis QUINTANA-MURCI (Génétique de l’évolution, institut Pasteur Paris, Collège de France, Paris, Académie des sciences, France)
Miroslav RADMAN (Génétique, fondateur du Centre méditerranéen pour les sciences de la vie, Académie des sciences, France et Croatie)
Rino RAPPUOLI (Vaccinologie, Imperial College, Royal Society, Royaume-Uni)
Markus REICHSTEIN (Changement climatique, institut Max Planck de biogéochimie, Iéna, Allemagne)
Félix REY (Virologie, institut Pasteur, Paris, Académie des sciences, France)
Francesco SALAMINI (Génétique des plantes, université de Milan, Académie nationale dei Lincei, Italie)
Philippe SANSONETTI (Microbiologie, institut Pasteur, Paris, Collège de France, Académie des sciences, France)
Joaquim SEGALÉS (Sciences vétérinaires, université autonome de Barcelone et Institut pour la recherche et la technologie sur la nutrition agricole, Espagne)
Stig STRÖMHOLM (Droit privé et droit international, université d’Uppsala, Academia Europaea-Londres, fondation tricentenaire de la banque de Suède, Académie royale des lettres, de l’histoire et des antiquités, Suède)
Bo SUNDQVIST (Physique ionique, université d’Uppsala, Académie royale des sciences, Suède)
Alain TEDGUI (Biologie vasculaire, centre de recherche cardio-vasculaire de Paris, Inserm, université de Paris, France)
Riccardo VALENTINI (Changement global et climatologie, université de Viterbo, Italie)
Robert VAUTARD (Climatologie, institut Pierre-Simon Laplace, Guyancourt, CNRS, France)
Jörg VOGEL (Biologie infectieuse, université de Würzburg, Académie nationale des sciences Leopoldina, Allemagne)
Francis-André WOLLMAN (Bioénergétique, Institut de biologie physico-chimique, Paris, CNRS, Académie des sciences, France)
Andreas ZEIHER (Cardiologie, université de Frankfurt, Allemagne)

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